Fanzinaaapoum

Oct 09, 18 Fanzinaaapoum

Qui n’aime pas un bon petit fanzine délirant, imprimé correctement et qui respire la passion ? À Aaapoum, en tout cas, nous sommes sensible à ça. Il paraîtrait même qu’un de nos larrons s’adonne en secret à cette sulfureuse pratique. Nous n’avons toutefois pas de rayon dédié et, malheureusement, ne devrions pas pouvoir en proposer un jour. Ça ne nous empêche pas de tomber parfois amoureux de petites productions personnelles, aux diffusions alternatives et à l’esprit Do It Yourself assumé.  En terme de finissions et de contenu, on s’approche quand même plus de l’artbook artisanal que du fanzine à proprement parler mais c’est déjà ça.

Ces temps-ci vous pourriez par exemple trouver dans nos rayons, délicatement inséré entre nos Maruo et les artbook bondage du lézard noir, le deuxième opus de l’artbook érotique Akasake dont nous avions déjà célébré l’arrivée en grande pompe lors de la parution du numéro 1.  Retour de l’esthétique léchée d’Alexis Bacci qui, cette fois-ci, s’octroie le savoir-faire risographique des éditions Quintal. Une expertise qui lui permettra de s’amuser un peu sur sa maquette, au point de se lâcher en adjoignant une jaquette à son album, et de tenter d’affiner ses choix colorimétriques. L’arrivée de Quintal dans l’équation permet aussi à l’auteur de multiplier les affiches tirées de son oeuvre. Une partie de celles-ci habillent élégamment nos murs et y sont disponibles jusqu’à épuisement définitif (ce qui ne devrait pas prendre beaucoup de temps).

Akasake 2 est, pour moitié, une oeuvre collective. Alexis s’entoure ici de sa clique, ce qui lui permet de chahuter un peu ses ambiances charnelles favorites. Quelques ajouts d’illustrations tirées d’une aventure précédente (Tengu diaries), complètent le tableau.  Le tout, bien entendu, est en vente par chez nous.

De nombreuses illustrations originales en provenance de cette croissante série d’artbook sont encore en vente sur le site de l’excellent Atelier Hauteville, il serait triste de manquer d’y jeter un coup d’oeil digital, à défaut d’un coup d’oeil sur place.  En sus d’avoir généralement fort bon gout, cet atelier-galerie est issu d’un projet intéressant; je cite: « l’Atelier est un lieu hybride, à la fois laboratoire de création et lieu d’exposition. Des artistes y travaillent quotidiennement. L’Atelier Hauteville est également un lieu de partage ouvert à tous. » La réclame conviviale y est loin d’être mensongère. Nous pouvons vous assurer que l’accueil y est effectivement infiniment chaleureux et que les chances sont grandes pour que vous tombiez sur des gens merveilleusement intéressants et d’une sympathie à toute épreuve.

Encore un peu dénudé mais orienté un poil différemment, Porcelaine surprend. Prenant la forme d’un catalogue divisé en collections et ponctué de courtes descriptions bigrement savoureuses, l’artbook expose un ensemble d’articles de lingerie fine… portés par des hommes. Sveltes, massifs, enrobés, musculeux, en jarretelles ou en crop top, il y en a pour tous les goûts et toutes les combinaisons.  Nous voila en présence d’un travail graphique très fin de la part de Diane Truc qui distille efficacement sa sensualité sans heurts à la fois dans la douce dilution des couleurs aquarellées et dans ses poses, ici lascives, ici joueuses, parfois candidement drôles, parfois alimentées d’assurance provocatrice. Les hommes s’y affirment avec sensibilité mais sans sensiblerie grace à un principe visuel fondateur: les mettre en situation. Diane transforme le risque d’accoutrement en prise de position grace à une utilisation actée de ces éléments de lingerie, une inclusion dans la réalité qui renforce la plausibilité des usages fantasmée présentés. C’est son premier Artbook de ce genre, on en espère bien d’autres. Pour l’instant, il semblerait qu’Aaapoum soit la seule boutique dans laquelle on peut trouver Porcelaine, information dont nous tirons une certaine fierté.

Enfin, fi de la douceur, retour à la passion effrénée avec une jolie fleur de Spé, publié chez Terrain vague, un éditeur discret, étonnant, aux choix visuels très affirmés et aux qualités de finitions effarantes.  Assez loin du streetart apposé sur papier qui constitue le cœur de la maison; l’artbook est sauvage, enchaînant et entrelaçant de nombreuses scénettes illustratives à chaque page. Petits strips aux messages abscons, jeux des corps et des décors, tout y est verge, vagin, sein, tout est en mouvement, en collision, en affrontement. Une jolie fleur, ouvrage numéroté et signé, rappelle furieusement un Jacovitti qui aurait pris du LSD en plus de sa dose habituelle de viagra.  L’objet se paye le luxe d’une couverture fabuleuse au téton réellement saillant (car embossé dans la couverture). On ne demande pas mieux.

muif

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